Méthodes d'estimation du bruit rayonné dans l'eau des navires à passagers à partir de mesures embarquées
Le trafic maritime est l'une des principales causes de la pollution sonore des océans, avec des effets néfastes sur la faune marine. Pour mesurer le bruit émis par les navires dans l'eau et caractériser cette pollution, les campagnes de mesures par hydrophones en champ lointain sont la référence, mais elles sont coûteuses et contraignantes à mettre en oeuvre. Les mesures embarquées, réalisées directement à bord des navires, offrent une alternative plus accessible.
Dans ce cadre, la méthode DNV simplifiée est la seule méthode normalisée dans ce domaine. Elle modélise l'hélice, considérée comme la source dominante du bruit rayonné dans l'eau, comme un monopole acoustique équivalent dont l'amplitude est estimée à partir de mesures de pression en champ proche. Cependant, cette approche conduit à des erreurs systématiques importantes, pouvant atteindre 20 dB dans les basses fréquences.
Ces travaux s'appuient sur une base de données issue de six navires de passagers et explorent deux approches permettant de corriger ces limites. La première consiste à remplacer le modèle monopolaire unique par une distribution de monopoles, dont les amplitudes sont estimées par la résolution d'un problème inverse à régularisation parcimonieuse. Les résultats montrent une amélioration significative de l'estimation du bruit dans un cadre numérique et contrôlé, mais les données expérimentales révèlent que la modélisation de la propagation des ondes acoustiques dans le milieu réel constitue une limitation importante.